De la rue de la Chaussée peinte par Monet et Sisley au Château, en passant par la porte Saint-Germain

La rue de la Chaussée est la première rue d'Argenteuil, d'après Edmond Réthoré, ancien président de l'association Le Vieil Argenteuil*. Elle aurait été tracée pour relier au fleuve le monastère fondé en 665 sur l'actuelle rue Notre-Dame. On pouvait ensuite longer la Seine jusqu'à Saint-Denis et Paris. Son nom, écrit « Chaucée » au 12e siècle, désigne un chemin durci par l'empierrement. Monet et Sisley l'ont peinte en 1872. Elle s'appelle aujourd'hui rue du 8-Mai-1945.

Repères datés :

  • 665 : fondation de l'abbaye féminine Notre-Dame d'Argenteuil*, documentée depuis 697
  • 1790 : Endommagée et dégradée, l'abbaye est vendue comme bien nationale. Le dernier vestige est détruit en 1916.
  • 1872 : Monet et Sisley peignent la rue de la Chaussée. (1)
  • 1907 : la société Lorraine-Dietrich ouvre une usine à Argenteuil. (17)
  • 1951 : Dassault et Potez louent une partie du site Lorraine-Dietrich, Dassault l'achète ensuite.
  • 1964 : la rue de la chaussée prend le nom de rue du 8-Mai-1945.

* source : "Argenteuil et son passé, tome 4" par Edmond Réthoré (p4)

Scrollez pour suivre cette rue, puis la rue Henri-Barbusse jusqu'à la porte Saint-Germain.

Boulevard Héloise / Rue de la Chaussée, 1925

Le grand bâtiment au coin de la rue est l'ancienne gendarmerie.

Argenteuil - 1906

Argenteuil - Monet

Argenteuil - Sisley

Ancienne place du marché

Claude Monet et Alfred Sisley ont peint cette rue, rue de la Chaussée, en 1872 (actuelle rue du 8 mai 1945). Le marché de la ville se tenait sur cette place avant d'être déménagé sur le boulevard Héloïse. Près de la buvette, s'amorce la rue des Saint-pères. A droite c'est la rue Notre-Dame où se trouvait l'abbaye.

Rue Notre-Dame

L’abbaye Notre-Dame se trouvait au 19 rue Notre-Dame. À la Révolution, elle est vendue comme bien national pour servir de carrière de pierres. En 1917, l’usine de mécanique Debet et Kornberger s’installe sur son terrain. Seule la chapelle Saint-Jean, à l’entrée de la rue, est restée visible. Elle se trouvait dans l’enclos de l’abbaye, mais a été cédée au XVIe siècle à un vigneron, qui en a fait un cellier. La porte des Bénédictins, sur la carte postale, était l’entrée de la salle capitulaire (la salle de réunion des moines). Confiée au musée de Cluny en 1855, elle est démontée en 1947 pour un futur musée d’Argenteuil. Dans les années 1970, il n’en reste plus rien. Sa notice raconte cette perte.
L’usine ferme en 1989 et la ville rachète le terrain pour construire des logements. Des fouilles archéologiques, menées de 1989 à 1994, mettent au jour la crypte, une partie de la salle capitulaire et du cloître.

Argenteuil - 1901

Argenteuil - 1908

Rue du 8 mai 1945

La charcuterie était à l'angle de la rue de Richy. A l'opposé sur la droite c'était la rue des Roziers. Sur la vue de 1908, on aperçoit aussi au premier plan la rue Zacharie.

Rue du 8 mai 1945 / place de l'église, 1912

L'immeuble où se trouvait la mercerie Hebert existe toujours. C'est le seul bâtiment qui subsiste après la réhabilitation de l'ancienne rue de la Chaussée.

Porte Saint-Germain, à l'angle de la rue Verte

La ville fortifiée s'arrêtait ici. La porte Saint-Germain permettait de passer le mur d'enceinte. Elle a été détruite accidentellement en 1779 par une charrette mais son nom du lieu est resté jusqu'à aujourd'hui : quartier de la Porte Saint-Germain.

Argenteuil - 1913

Argenteuil - 1960

Argenteuil - 1970

Porte saint-Germain

Pendant de nombreuses années, un café restaurant était au coin de la rue Jean Moulin et Henri Barbusse (ex-rue de Sartrouville et Saint-Germain). Une résidence est à son emplacement aujourd'hui.

Porte saint-Germain

Vue de la porte Saint-Germain en direction de la Basilique Saint-Denys.

Rue Ambroise Thomas, 1907

La rue est dans le prolongement du "pont neuf". Le tramway passait dans cette rue.

Place du 11 novembre

Place du 11 novembre

Les deux bâtiments de la photo sont toujours présents, celui de droite est derrière les arbres. Il semble plus éloigné sur la Streetview à cause de la différence de focale. Apparemment le tramway prenait ensuite la rue de Saint-Germain (rue Henri Barbusse).

Rue Ambroise Thomas, angle de la rue Henri Barbusse

Un petit peu plus loin au 27 rue Duguay, se trouve l'ancien pavillon du célèbre compositeur de musique Ambroise Thomas. Il l'a fait construire en 1860 par Victor Baltard. A sa mort en 1895, la ville a donné son nom à la rue qui longeait sa propriété. Son domaine a été morcelé en plusieurs parcelles.

Ecole Ambroise Thomas

Une école a été ouverte, rue Ambroise Thomas, pour accueillir les enfants du nouveau quartier de la Porte Saint-Germain.

Rue Henri Barbusse, 1912

Retour sur la place du 11 novembre, rue de Saint-Germain (actuelle Henri Barbusse). C'était une route royale, pavée en 1769 jusqu'au château du Marais, elle allait jusqu'à Saint-Germain-en-Laye.

Hôtel restaurant du Marais

L'hôtel se trouve au croisement de la rue Henri Barbusse et de l'avenue du Parc.

Argenteuil - Porte

Argenteuil - Château en 1905

Vestiges du château du Marais

Propriété des bénédictins d'Argenteuil depuis le Moyen Âge, le domaine du Marais s'étendait des bords de Seine jusqu'à l'actuel stade des Marais. Mirabeau l'a acquis en février 1791 mais il est mort 2 mois plus tard, le 2 avril à Paris.
Abîmé par les guerres, le château est tombé en ruine. Il a été détruit en 1950 pour construire un complexe sportif.
La porte monumentale, installée au début du 20e siècle, est toujours en place. Elle est inscrite aux Monuments historiques en 1931.

L'ermitage du Marais

L’ermitage a été construit en 1788 dans le parc du château, comme « fabrique de jardin » pour s’abriter.

Argenteuil - 1911

Argenteuil - 1915

Usine Lorraine-Dietrich

Fondée en 1879 à Lunéville en Lorraine, la société Lorraine-Dietrich ouvre sa 2e usine à Argenteuil en 1907. Cette usine était spécialisée en véhicule de tourisme et en 1914 à la fabrication de moteurs d'avions. La Lorraine-Dietrich est reprise par l'entreprise Gnome et Rhône en 1941.