Balade immersive : avenue des Grésillons et Gabriel-Péri

L’avenue des Grésillons marque la limite entre Asnières-sur-Seine et Gennevilliers. Jusqu’en 1910, comme en témoignent les cartes postales d’époque, elle portait – tout comme la rue Pierre-Brossolette qui la prolonge – le nom de rue Saint-Denis, en référence à son rôle de voie menant vers la ville éponyme.
Le trajet ci-dessous part de l’avenue des Grésillons, rejoint la place Voltaire, puis emprunte l’avenue Gabriel-Péri – autrefois nommée avenue de Paris.

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Scrollez pour commencer.

La Cité-jardins des Grésillons, Asnières-sur-Seine

Cette Cité-jardins est construite en 1934 par Louis-Clovis Heckly pour l’OPHBM de la Seine.

La pharmacie et L'usine Laffly

Presque un siècle plus tard, une pharmacie occupe toujours le même emplacement. Juste à côté, au 94 de l’avenue des Grésillons, s’élevait cl’usine Laffly, célèbre pour ses camions et véhicules utilitaires — une publicité sur le bâtiment d'en face indiquait son emplacement. Fondée en 1849 à Boulogne-Billancourt, l’entreprise a transféré ses activités à Asnières-sur-Seine dans les années 1930, avant de fermer définitivement ses portes en 1952. Le site a ensuite accueilli un centre universitaire de 1971 à 2012, ce qui a inspiré le nom actuel de la pharmacie : "Pharmacie de l’Université". Le bâtiment universitaire a été détruit fin 2017. Le terrain abrite désormais une résidence, un cabinet dentaire, et un collège en construction. En 2025, on distingue derrière le chantier, la même silhouette d'immeuble que sur la carte postale. Il s'agit de la cité-jardins des Grésillons, construite en 1934.

À l'angle de la rue Novion, à Gennevilliers, vers 1910

Halle au marché et salle des fêtes de Gennevilliers

On doit à l’architecte Louis Grossard la conception globale du marché couvert et de la salle des fêtes inaugurés en 1936 et 1938. L’architecte George Auzolle, reprend la direction des travaux de la salle des fêtes avec l'ajout des deux rotondes vitrées. Après une reconstruction en 1984, il est devenu une salle de théâtre : le Théâtre de Gennevilliers T2G

Marché des Grésillons - Gennevilliers, vers 1910

L'ancien marché allait de la Place Voltaire à la Place Jaffreux par l'avenue des Grésillons. Il se tenait 2 fois par semaine depuis 1887 (source). la Halle au Marché le remplace en 1936.

Avenue des Gresillons en janvier 1910

Au croisement avec la rue Antonin (à gauche) et la rue Daniel (à droite).

Pont de la RD19 et rue Poissonnière - Gennevilliers

Le restaurant à gauche et l'immeuble en face de lui – disparues aujourd'hui – étaient à l’angle de la rue Poissonnière, là où le pont de la RD19 se trouve maintenant. Cette rue, autrefois prolongée jusqu’à l’avenue de Paris (actuelle Gabriel-Péri), reste accessible aux piétons sur ce tracé historique (voir vue suivante).

Au Bon Coin

Le restaurant Au bon coin, visible aussi en partie sur la photo précédente, était situé à côté de la maison rose. Le terrain, désormais vide, a été aménagé en chemin piéton menant à l’avenue Gabriel-Péri, déviant quelque peu l’ancienne configuration de la rue Poissonnière.
Sur la première carte postale, on distingue un peu plus loin, une boucherie : elle était à l'angle de la rue du Clos. Aujourd’hui, ce même bâtiment est muré et se trouve dans un état de dégradation avancé.

Hôtel-restaurant Le Cyclone

À gauche, l’hôtel-restaurant se nommait Le Cyclone, et ce n’est pas un hasard : le 18 juin 1897, une tornade dévastatrice a frappé une partie du territoire, notamment la place Voltaire et l’avenue des Grésillons. Ce phénomène météorologique a causé la mort de plusieurs personnes et d’importants dégâts dans le quartier.

Place Voltaire, à l'angle de l'avenue Gabriel-Péri

L’avenue de Paris à Asnières a été rebaptisée avenue Gabriel-Péri après 1945, en hommage au résistant communiste.

Entrée de l'avenue Gabriel-Péri (ex-Avenue de Paris)

Avenue Gabriel-Péri (ex-Avenue de Paris)

[Dernière photo] La présence de la ligne 39 du tramway sur cette image permet d'affiner sa datation : Les lignes 39 et 40 ont été créées par la STCRP (Société des Transports en Commun de la Région Parisienne) en 1921, et ont cessé leur activité le 14 avril 1936.
On distingue également des publicités pour le Bazar de l’Hôtel de Ville (BHV) de la rue de Rivoli à Paris, ainsi que pour deux commerces locaux de l’avenue de Paris : le restaurant Le Coq (Noces) et le cinéma Casino Voltaire.

Avenue Gabriel-Péri, 100 ans avant-après

Cinéma puis hammam

Le cinéma a fermé ses portes en 1978. Par la suite, le bâtiment a été transformé en hammam Bain Voltaire avant d’être finalement détruit en 2017.

Dépôt des tramways, 1908

Les écuries destinées aux tramways hippomobiles ont été créées à cet emplacment en 1876. En 1892, le site a été transformé en dépôt des tramways électriques, avant de devenir à la fermeture des lignes de tramways, un centre de bus de la RATP.

Restaurant Lecoq

Le restaurant Lecoq était en face du dépôt de tramway. La perspective de l'avenue a bien changée. Elle est maintenant coupée par une route départementale (RD19).

Hôtel Aux autobus

Nous sommes encore avenue Gabriel-Péri au 32, juste à côté du restaurant Lecoq. L'hôtel-brasserie qui en 2008 portait le nom Aux Autobus a été détruit en 2013. Une résidence est construite en 2022 sur le terrain qu'il occupait.

Rue Dussau, 1910

Rue du Fossé de l'Aumône, 1910

La petite maison de tailleur de la carte postale ressemble en tout point à celle qui se situait au 36 de cette rue (rasée en 2023).

Ancienne rue Villebois-Mareuil, 1910

La rue Villebois-Mareuil a été renommée Rue Robert Dupont, en hommage à un instituteur pionnier du socialisme, mort en 1944. Les petites maisons n'existent sans doute plus. J'ai trouvé celle qui ressemble le plus avec une porte à droite et une fenêtre à gauche. Les silhouettes au loin peuvent être celles de la butte des Châtaigners et d'Orgemont à Argenteuil.

Passage Henri Magne

Le passage Henri Magne est parallèle à l'avenue Gabriel Péri (avenue de Paris) mais plus directement visible depuis celle-ci. En effet la rue du Professeur Calmette s'intercale maintenant entre les deux. Les maisons de la cité Magne existent encore.